Introduction

Cyclo-Camping International est l’association française des cyclo-voyageuses et cyclo-voyageurs. Nos membres voyagent à vélo durant des semaines, voire des mois chaque année. Nos montures nous accompagnent partout. Nous parcourons environ 70km par jour. Si nous voulons parcourir de grandes distances, il faut donc du temps, ou prendre des raccourcis, comme mettre notre vélo dans le train, ce qui est considéré par toutes et tous comme une galère en France. Voici la position de CCI sur l’intermodalité.

Différents problèmes se posent :

L’aménagement des trains

La loi LOM de 2019 prévoit 8 emplacements vélo pour les nouveaux TGV et intercités (et les trains rénovés). Pour les nouveaux TER, le nombre d’emplacements doit correspondre à minimum 2 % du nombre de sièges. Dans la plupart des trains, ça correspond à 6 emplacements. Cette loi a été « simplifiée » suite à un décret du 21 février 2026, qui supprime la limite minimale. Le règlement européen de 2021 qui prévoit 4 places par train devient donc le nouveau minimum. Si une famille de 4 personnes souhaite embarquer, elle prend donc toute les places.

Les TER sont gérés par les régions. Chacune détermine donc sa politique de transport. On a ainsi des grandes disparités, entre l’Occitanie (6 emplacements dans les Regio2N de 343 places assises, soit 2 %) l’AuRA (11 emplacements pour les mêmes trains, soit 4 %), la région Grand Est (18 emplacements vélo pour les nouveaux Regiolis de 203 places, soit 9%) ou la région Centre-Val de Loire (18 emplacements vélo sur les AGC rénovés, soit 8%).

Quelqu’un qui voyage avec son vélo sur de grandes distances, et est obligé de changer plusieurs fois de trains se retrouve avec des capacités de transport différentes, qui peuvent constituer des goulots d’étranglements dans certaines régions.

Avoir un nombre minimum d’emplacement pour toutes les régions assurait la possibilité de traverser la France en TER. Donc sans réserver longtemps à l’avance. Si le nombre d’emplacements diminue, ça risque d’être compliqué.

Réservation

La réservation d’une place et d’un emplacement vélo est d’usage dans les TGV et les Intercités. Mais le principe des TER reposait sur la flexibilité, et la possibilité de prendre un train à n’importe quelle heure avec un même billet.

Réserver un emplacement vélo dans un train peut être rassurant, notamment pour des familles qui voyagent en itinérance. Encore faut-il qu’il y ait suffisamment d’emplacements disponibles et que la réservation soit effective.

Actuellement, les contrôleurs n’ont pas le pouvoir de mettre des amendes aux cyclistes n’ayant pas réservés. Ils n’ont pas non plus la possibilité de faire sortir des cyclistes qui n’auraient pas réservés pour laisser entrer ceux qui sont en ordre. La garantie offerte par la réservation est actuellement une illusion.

La gratuité de la réservation est bien sympathique, mais elle incite les cyclistes à réserver plusieurs créneaux pour s’assurer qu’ils auront un emplacement à l’heure où ils prendront effectivement le train. De plus en plus de pays/régions mettent une tarification (minimale) à la réservation pour éviter ces comportements. Ce paiement n’est pas un problème pour les cyclovoyageurs.

Le concept de réservation peut être séduisant, mais la mise en oeuvre actuelle dans les TER l’est beaucoup moins. En effet, la réservation n’étant pas liée à l’achat du billet, elle oblige à faire une deuxième opération sur un autre site, ce qui complique singulièrement l’opération.

La réservation peut fonctionner lorsque tout se passe bien. Mais en cas d’annulation de train, la réservation vélo n’est plus valable, alors que le passager peut prendre le TER suivant avec son billet.

La politique de réservation est très inégale selon les territoires, et le système difficilement lisible

L’aménagement des gares ferroviaires

Indications : Il est nécessaire d’avoir des indications claires dans les gares pour guider les cyclistes (et les autres usagers) vers les bons quais. En particulier pour les cyclovoyageurs qui ne connaissent pas les lieux.

Les ascenseurs : Lorsqu’il y a plusieurs quais, il faut pouvoir rejoindre les différents quais en toute sécurité, avec son vélo, en particulier lorsqu’il est chargé. Dans les grandes gares, il doit y avoir des ascenseurs pour les PMR, les parents avec landaus, les valises. Les ascenseurs doivent être suffisamment long pour accueillir un vélo sans devoir le mettre debout. Idéalement, la longueur devrait être supérieure à 1,50m.  Il est à noter qu’un tel dispositif peut tomber en panne, et dans ce cas, le quai devient inaccessible.

Les goulottes : Lorsqu’il n’y a pas d’ascenseurs, et même dans ce cas, il peut y avoir des goulottes dans les escaliers pour permettre de monter les vélos, en particulier ceux chargés des cyclovoyageurs.

Les rampes : Dans les grandes gares, des rampes sont souvent aménagées pour rejoindre les différents quais. Ce système à l’avantage de ne jamais tomber en panne.

Les quais : Les cyclistes doivent savoir où se positionner sur le quai pour pouvoir entrer son vélo dans le train. Il n’y a actuellement aucune indication sur le quai. Les différentes configurations des trains n’aident pas non plus à savoir où se positionner.

Le stationnement en gare

Beaucoup de gares sont équipées de stationnements vélo. Mais ceux-ci sont souvent réservés aux usagers du quotidien.

Dans les gares des villes touristiques, il peut être utile d’accueillir les vélos des cyclovoyageurs, ce qui leur permet de circuler tranquillement en ville, et évite d’encombrer les trottoirs avec des vélos.

Informations

Lorsqu’on voyage, l’information est essentielle : quel train prendre? Horaire d’arrivée? Disposition de la gare? Quai à utiliser? Services en gare. Toutes ces informations pourraient être mises à disposition des voyageurs, dans une appli simple et unique. La plupart du temps, cette information est inconnue, ou dispersée dans une multitude de site web, d’applis,… Elle devrait être accessible à tous les voyageurs, dans plusieurs langues.